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Le pardon

Posté le 6 avril 2013 dans Général par Florence Poirier

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Le point de vue bouddhiste

« Du point de vue bouddhiste, au tréfonds de l’homme réside la bonté fondamentale, même chez le criminel. On compare souvent cette réalité à un lingot d’or gisant sous des immondices. En enlevant la saleté, on ne la nie pas mais on en dégage l’or pur.

Malgré le pardon, le criminel ne peut espérer échapper aux conséquences de ses actes. Un repentant sincère ne devrait même pas demander pardon : l’important est de tout mettre en œuvre pour créer, en toute humilité et de tout son être, un bien équivalent au mal qu’il a commis. »

Mathieu RICARD

J’aime bien la façon dont Mathieu RICARD parle du pardon. Cela résume très bien les enjeux qui résident dans cet acte aux vertus profondément thérapeutiques et libératrices.

Le sujet reste délicat

Souvent, lorsque l’on parle de pardon, cela soulève des débats fort houleux et emportés. Comment pardonner à un grand-père incestueux ? Comment pardonner à celui qui, ivre au volant, a percuté votre enfant qui en est mort ou resté handicapé à vie ? Peut-on tout pardonner ?

Certains ont davantage de prédispositions à pardonner, à comprendre ce qui peut motiver un acte répréhensible (la plupart du temps la souffrance, la blessure…) et à passer un coup d’éponge sincère sur l’ardoise. D’autres vont entretenir la rancœur, le désir de vengeance très longtemps, parfois même des années et des années après l’évènement marquant.

Bien sûr, il faut comprendre la réaction émotionnelle de celui qui a vécu un traumatisme important et qui n’est pas prêt à pardonner à son bourreau et à cet instant, ne l’envisage même pas une seule seconde….

Cependant, certains témoignages révèlent que c’est possible et ce, même dans des cas extrêmes. Une jeune femme a été abusée par son grand-père à maintes reprises. Après plusieurs dépressions est venue une certaine compréhension…puis un réel pardon vis à vis de son grand-père et c’est précisément cela qui l’a libérée et lui a permis de re-Vivre.

Dans beaucoup de religions, une place importante est accordée au pardon…dans l’acte de se confesser par exemple….ou bien la fête du Yom Kippour. Mais ce qui reste essentiel à mes yeux c’est de le ressentir vraiment dans son cœur. Il y a un moment où ça vient…Et ça fait du bien !

J’ai reçu une jeune femme. 10 ans après la séparation d’avec son mari, elle lui en veut toujours énormément et entretient des pensées de haine à son égard. Ses enfants en pâtissent et elle-même aussi puisqu’il faut bien voir que la haine que l’on nourrit vis à vis de quelqu’un pollue notre propre corps, notre propre cœur, notre propre vie. C’est déjà à soi-même que l’on fait du mal lorsque l’on émet des pensées de rancune vis-à-vis de quelqu’un ou d’une situation.

Je lui ai proposé de lâcher sa colère…elle m’a rétorquée qu’en effet, son ex-mari avait subi des violences enfant et que c’était un schéma qu’il reproduisait (début de la compréhension)…depuis son énergie est beaucoup plus sereine. Bravo à elle. Son visage s’illumine de plus en plus. C’est un vrai nettoyage cardiaque !

Parfois c’est à soi-même que l’on n’arrive pas à pardonner. Et c’est très fréquent ! « Je ne lui en veux pas non…c’est à moi que j’en veux. J’aurais du me rendre compte de ceci, j’aurais du ne pas réagir ainsi »…etc. Que d’énergie négative ressassée. Personnellement, je pense que beaucoup d’entre nous avons été élevés dans l’idée que si l’on a fait quelque chose de « mal », il faut payer. Alors beaucoup vont plonger dans ce non pardon, dans cette forme d’auto-sabotage permanent et de culpabilité malsaine qui peut durer un peu trop longtemps. La loi de cause à effet de toute façon agit d’elle-même et les actes que vous commettez déterminent la qualité de votre vie. Souvent lorsque nous agissons à l’encontre de nos valeurs supérieures, nous le ressentons vibratoirement dans notre corps. Alors pas besoin me semble t’il d’en rajouter. Autant se remettre à zéro lorsque l’on comprend les rectifications à faire et ce que l’on doit à l’avenir mettre en œuvre pour montrer à l’univers que l’on a compris la leçon et que dorénavant, nous baserons notre vie sur d’autres valeurs. Il n’y a pas de bien et de mal en soi. Il n’y a que des expériences dont il faut tirer certains enseignements.

Personnellement, je ne pense pas que cette vision des choses empêche d’être responsable. Au contraire.

Les conséquences de l’absence de pardon

Une femme âgée est venue me voir se rendant littéralement malade parce que l’une de ses filles lui fait beaucoup de reproches sur l’éducation qu’elle lui a donnée. Le mari de cette femme était malade et elle avait tant à faire que ce n’était pas évident pour elle d’accorder un 100% d’attention à chacun de ses enfants. Bien sûr, je suppose que cette fille a souffert dans son ressenti de manques certains et que faire par rapport à un ressenti ? Un ressenti est toujours juste pour celui qui le ressent ! Mais à entendre cette mère qui a réellement fait ce qu’elle a pu, il y a un constat évident : personne n’a raison ni tort mais à quoi est-ce que cela sert de continuer à générer de tels sentiments ? Combien regrettent de n’avoir pas pardonné à un être lorsqu’il était encore ici-bas ?

Se pardonner c’est accepter d’être un apprenti de la vie. Chaque journée comporte son lot d’opportunités de donner le meilleur de soi. Chaque jour, un soleil nouveau se lève. Il faut se remettre à zéro. Il faut repartir sans cesse sur de nouvelles bases. Et faire de son mieux. Mais les erreurs font partie du parcours et ce n’est pas en sortant son fouet que cet état de fait changera.

Les bénéfices de la présence du pardon

Lorsque l’on pardonne à quelqu’un ou que l’on se pardonne à soi-même, il y a un espace qui s’ouvre dans le cœur et un élan de joie nouveau. Une magnifique vibration. Une sensation d’élévation. Compassion….

Selon moi, c’est une étape clé du cheminement spirituel. Qui permet aussi de s’ouvrir au meilleur, d’accepter de recevoir davantage de lumière, pour soi et pour les autres. Tant que le cœur est encombré par des sentiments de rancune, de culpabilité, de jalousie…, l’être s’en ressent et il aura le réflexe inconscient de se saboter, de ne pas accepter de vivre à un autre niveau de conscience. Il se privera immanquablement de ses dons. Il se coupera du bonheur. Quand des pardons successifs se mettent en place, c’est tout un nouveau paysage qui se dessine. La relation que l’on entretient vis à vis de soi et de sa vie n’en est que plus belle.

Florence

 

 

 

 

 
1 Commentaire pour cette entrée
Louisa
21 octobre 2013
23:37

Très belle philosophie, je pense aussi en cette sous couche même si pour certains la couche est très épaisse au point d’être dominante. L’homme n’est pas mauvais, il le devient…

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