Lors des consultations, bon nombre témoignent de la perte de leur joie de vivre.

La joie peut littéralement disparaître suite à certaines épreuves qui nous ont profondément blessés, du fait du poids des problématiques du quotidien qu’on ne sait comment aborder, de situations que l’on ne parvient pas à régler et à intégrer.

Parfois de nombreuses années se sont écoulées sans plus aucune connexion avec la joie. L’enfance et ses rires semblent bien lointains.

Certains aspects du mode de vie actuel n’aident pas dans cette connexion: course en avant vers de multiples objectifs, messages trompeurs, aguicheurs sur un bonheur en kit…on ne prend plus le temps de se poser pour être simplement présent à ce qui est beau et agréable dans nos vies. Il en faut plus, il faut autre chose, rien n’est jamais assez.

Pour ressentir cette joie, pour se sentir vivant et plein d’allant, il est essentiel de prendre du temps pour soi, prendre plaisir à écouter ce qui vit en soi, apprendre à identifier et à répondre à ses besoins personnels et uniques, comprendre le sens de son propre chemin et apprécier ce chemin …se mettre en connexion avec soi même et ce qui nous entoure.

La vie n’est pas un bonheur permanent bien sûr et il n’existe pas de méthode Coué qui fonctionne à tous les coups.

La guérison se vit dans l’intégrité de ce dialogue et de ce regard sincère vis à vis de soi et l’accueil de ses émotions parfois difficiles à traverser. Prendre le temps d’accueillir tout cela, d’écouter avec bienveillance ce qui est présent, est une clé pour alchimiser cet état. Au final, ne plus s’écouter ne revient qu’à couper avec la vie en soi. Et la vie est faite de polarités : joie/tristesse, tension/sérénité, …mais le fait d’accepter de vivre l’ensemble de ce qui est donné permet une circulation qui rend plus ouvert à la vie telle qu’elle se présente et amène de plus la compréhension de précieux enseignements sur soi, sur son fonctionnement, sur ce qui demande à être mis plus en valeur dans sa vie. Derrière certaines émotions inconfortables se cachent souvent de beaux trésors d’évolution et de compréhension supérieure.

Quelques clés selon moi sont importantes pour vivre mieux, plus joyeux, plus en harmonie : le fait déjà de ne pas se soumettre à cet état par la fuite ou la résignation mais regarder avec sincérité ce qui fait obstacle, ce qui empêche de se sentir mieux : trop d’activités ? insuffisamment de lâcher prise ? ruminations mentales permanentes ? des rêves enfouis sous des couches de dévalorisation et d’incapacité à oser plus ? impatience ? ingratitude ?…

Notre nature profonde est bel et bien d’être harmonieux, fluides….si l’on regarde les enfants, on voit bien que les colères et les chagrins ne font que passer, permettant d’évacuer un trop plein pour immédiatement revenir à l’émerveillement du jeu qu’est la vie. Ne considérons pas qu’il soit normal de vivre sans goût, sans jus. Progressivement les voiles sont à ôter afin que notre existence puisse alors reprendre un cours plus joyeux et vibrant.